LA THIBÉRIENNE FOOTBALL : site officiel du club de foot de THIVIERS - footeo

Le portrait de la semaine: Acacio FILIPE par Sylvain DESGROPPES

17 novembre 2017 - 19:10

Passionné de football, Acacio Filipe a troqué sa tenue de joueur de Thiviers pour celle de coach, et se fait doucement à sa nouvelle fonction.

 

Encore joueur l'année dernière, Acacio Filipe
a quitté le maillot pour prendre le rôle de coach.
© Archives La Thibérienne.
La passion et la soif d'apprendre. Voilà comment résumer Acacio Filipe, sur un terrain de football comme dans la vie. Joueur, entraîneur, Homme, celui qui est depuis cet été le coach de l'équipe fanion de la Thibérienne, en R4, voit le football comme une véritable passion, l'occasion d'exercer un sport et d'y prendre plaisir, tout en mettant l'humain au centre.
Acacio Filipe aura effectué toute sa carrière dans le Périgord. C'est à huit ans qu'il commence le football, à Chancelade. Le début d'un long parcours, pour ne pas dire un périple, qui le mène à partir de onze ans à évoluer dans l'entente Marsac/Chancelade/Antonne. Il y reste jusqu'à ses seize ans.

Un riche parcours
Pendant cinq ans, il évolue en parallèle avec la sélection Aquitaine, et garde encore aujourd'hui le souvenir notamment de ce tournoi international disputé en Espagne, où il affrontera entre autres le Réal Madrid. Des sollicitations, il en a, notamment du club voisin dominant, Trélissac.
Des clubs de Ligue 2 lui proposent même des essais, comme Niort ou le Havre. Mais, pourtant encore jeune, Acacio Filipe ne déroge pas à ses principes, à sa philosophie. « Je voulais profiter du football, ne pas m'éloigner de ma famille. Et surtout, j'avais un vrai besoin, celui d'avoir un parcours éducatif fort pour me guider, quand le parcours dans le football comporte trop d'incertitudes », explique-t-il.
Dans le club, il n'y a pas de – de 18 ans. Acacio Filipe passe directement de Cadets 2 à Senior. Il va alors beaucoup bouger : il fait deux ans à Antonne, avec deux montées (de district à PL, de PL à PH), puis un an au Racing Club de Périgueux en DH, et de nouveau un an à Antonne en PH (avec la montée en DHR à la clé).
Entre-temps, Monaco a approché le jeune joueur pour lui proposer un essai. Fidèle à sa ligne de conduite, malgré sa jeunesse (il a alors dix-neuf ans), il continue de penser à sa famille, et surtout à ses études. « Je me méfiais beaucoup, dans le football, il suffit malheureusement de se blesser gravement et tout est fini. Je voulais optimiser mon parcours scolaire, et j'aimais ça », répète-t-il.
En 1996, à vingt ans, il rejoint donc Sarlat en DH. Il passe treize saisons dans le club, avec notamment deux finales de coupe d'Aquitaine (2002 et 2005). En parallèle, après un DUT Tech de Co à Périgueux, il recommence un parcours universitaire complet à Bordeaux en banque et finances, pendant cinq ans, pour valider un DESS en gestion des entreprises. « J'ai adoré étudier, m'enrichir de ces connaissances », juge-t-il.
Le tout sans perdre de vue le football, puisque, en plus d'évoluer au plus haut niveau régional à Sarlat, il est aussi champion de France universitaire avec Bordeaux. En 2009, l'aventure sarladaise se termine, et il retourne, pour la troisième fois, à Antonne (2009-2012). Avant que Thiviers ne vienne le chercher. « J'ai toujours fonctionné sur des projets, et je connaissais le coach en place », dit celui qui n'a pas quitté le club depuis.
L'objectif est de monter en ligue, et c'est à l'issue de la deuxième saison que la mission est accomplie. Dragan Keserovic arrive pour entraîner l'équipe, et vont suivre trois exercices réussis, avec une troisième place, une cinquième, et encore une troisième l'an dernier. Jusqu'au changement majeur, précipité par le départ du coach en place vers Boulazac (R1).

Le coach
Thiviers doit trouver un nouvel entraîneur, et en juin, se tourne vers Acacio Filipe, qui avait été déjà capitaine de l'équipe entre 2012 et 2015. « J'ai pris trois semaines pour réfléchir à tout ça, il était question d'équilibre personnel et familial, et je ne pensais pas raccrocher les crampons », dit ce milieu de terrain de quarante et un ans, encore indéboulonnable quelques mois avant.
Finalement, le défi est relevé. S'il ne se voyait pas arrêter tout de suite de jouer, Acacio Filipe avait tout de même de la suite dans les idées. Lors de son retour à Antonne en 2009, il était joueur et entraîneur adjoint de David Lacotte. « J'ai passé à ce moment-là mon brevet d'Etat premier degré à Clairefontaine, ce qui me permet d'entraîner en régional. Là aussi, je l’ai fait car j'avais cette volonté d'apprendre des choses », explique-t-il.
Pour autant, basculer d'un rôle à l'autre aussi soudainement cet été n'a pas été simple. « J'ai toujours joué, donc il y a une frustration à digérer. Aujourd'hui encore j'ai envie de jouer, mais j'ai mis une barrière, entraîneur et joueur sont deux mondes différents », avoue-t-il. Entre la participation si besoin à quelques séances, le futsal à Bordeaux où vit sa femme, et la course à pied, Acacio Filipe continue de garder la forme quand même.
Il applique à son groupe une méthode globale, qui dépasse largement le simple cadre technique et tactique, et qui va même plus loin que le physique ou les aspects motivationnels. « La nutrition, le repos et le sommeil, le soin que l'on porte à son corps en cas de blessure, tout cela est important », commence-t-il.
Un discours au centre duquel il met un ensemble de valeurs qu'il défend avec véhémence, comme étant les fondations de son groupe, et de toute équipe de football. « L'humilité et la remise en question, le respect de l'autre, la rigueur, la communication, la tolérance et la concentration, ce sont les éléments que j'inculque à mon groupe et qu'un entraîneur doit avoir dans sa gestion », affirme Acacio Filipe.
Fort de ces principes, il cherche désormais à développer un jeu à son image, lui qui a évolué à divers postes dans sa carrière, d'attaquant en passant par milieu relayeur ou milieu défensif, mais qui reste avant tout « un meneur de jeu, mon poste de base. J'aime dribbler, provoquer, créer du jeu avec des courses vers l'avant », précise-t-il.
Pour ces débuts, les résultats ont été parfaits, avec deux succès en championnat. Cela va moins bien depuis, avec un nul et deux défaites. Mais avec un groupe jeune, un entraîneur jeune qui y fait ses premiers pas, il faut logiquement du temps. « On ne va pas tout remettre à plat parce que les résultats sont moins là. Il faut rester optimiste, s'en servir pour fédérer le groupe, il faut analyser et progresser », juge le coach.
Ce qui ne l'empêche pas d'avoir des ambitions fortes avec son équipe, qui doit profiter de cette période aussi pour prendre de l'expérience : « L'objectif, c'est la R3. Mais au-delà, je me fixe toujours des objectifs importants, donc ce que l'on vise, c'est le podium. Il faut de la patience, ce qui compte n'est pas le résultat, c'est ce que l'on met à l'intérieur, la solidarité, la volonté de faire les efforts ensemble, l'envie de donner le maximum », conclut-il.

Commentaires

FACEBOOK DISTRICT DORDOGNE PÉRIGORD

COMPTE TWITTER DISTRICT FOOTBALL DORDOGNE.

BLOG SPORT DE SYLVAIN DESGROPPE (SUD-OUEST)